De nos jours les groupes de rock et de métal ont de plus en plus de mal à affirmer une empreinte musicale qui leur est propre où personalité de style, sonorités nouvelles et production originale, semblent de plus en plus difficile à mettre en œuvre .. N'aurait-il moins de musiciens/compositeurs créatifs que dans les 70’s ? Certainement pas ! Mais si le rock semble tourner en rond et que l’on a cette drôle d’impression que tout a été entendu et que les groupes semblent se copier les uns les autres, il est surtout dû au fait que la quantité incroyable d’albums proposés aux melomanes de tout poils de nos jours n’a rien a voir avec la production musicale il y a 20 ou 30 ans. La technologie aidant de nos jours, tous les musiciens en herbe initiés un tant soit peu au monde informatique peuvent créer et enregistrer leur propre œuvre avec des moyens financiers limités . La musique est en perpétuel mouvement se renouvelant sans cesse, et tous les groupes même les plus grands (led zep, pink Floyd, deep purple), par exemple, ont utilisés ce qui avait déjà été crée par le passé comme le blues et le jazz des années cinquante et soixante, pour créer leur propre style s'adaptant aux technologies de l’époque . ( guitares électriques, orgues synthé et amplis surdimentionnés ) .
"Miosis" est un nouveau groupe de progressive métal originaire de "Göteborg" en Suède et leur premier album "Albedo Adaptation" tout frais sorti, est l’exemple même de ce que j'essaye d’expliquer en début de chronique … Voilà un groupe qui a trouvé son inspiration auprès d’un des ténors du métal contemporain, le magnifique "Tool" … Mais qui dit inspiration ne veut pas dire plagia, et il est certain qu’à l’écoute de cette œuvre, on pense immédiatement à la musique de ces derniers, par rapport aux structures, aux rythmes, et à certaines sonorités utilisées .. Mais on peut également citer sans se tromper des groupes comme "Oceansize", "DeadSoul Tribe", et naturellement l’incontournable "Porcupine Tree", mais actuellement quel groupe de progressif n’est pas inconsciemment influencé par l'œuvre du magicien "Steven Wilson" ?Voilà donc pour situer un peu le registre d’influences utilisé par nos suédois. Mais les comparaisons s’arrêtent là, car "Miosis" a sa propre personnalité et cet "Albedo Adaptation" est une premiere œuvre en tout point remarquable que je ne cesse de passer en boucle sur ma platine depuis quelques jours.
Attention cet album mérite vraiment votre attention et demande plusieurs écoutes successives pour être apprécié à sa juste valeur, afin de laisser entrevoir tout le potentiel technique du groupe ainsi que la richesse progressive des compos. Même si l’accès n’est pas des plus difficiles, cette galette aux ambiances multiples ou transitions entre intros musclés à la manière d’un "Dream Theater" et passages mélodiques et chantés emprunt de sonorités tooliennes à l’accent rythmique et structural avec ce côté répétitif et envoutant qui vous martèle le crane afin de conditionner votre cerveau vous rendant irrémédiablement dépendant à l’atmosphère envoûtante de cette œuvre musicale … Autre point fort de cet album, la voix du vocaliste "Erik Skoglund", qui possède un timbre remarquable d’une grande clarté, c’est pur comme du cristal, puissant, et envoutant, il ne fait aucun doute que ce remarquable chanteur apporte un plus indéniable à cette musique aux multiples accents ..
Voilà un album ravissant, d’une grande homogénéité, bien produit, et dont l'accès est relativement facile . "Albedo Adaptation" devrait séduire sans problème les fans des groupes cités dans cette chronique. Le seul petit reproche qu’on pourrait émettre à l’encontre de cette première galette, c’est justement que le groupe se répète un peu entre les différents titres … Mais bon ! on a affaire ici au premier essai d’un jeune groupe très prometteur et il ne fait aucun doute que si "Miosis" conserve toutes les qualités constatées sur "Albedo Adaptation" ainsi que sa fraicheur, en corrigeant ces petits défauts, et bien le prochaine épisode devrait être à la hauteur de nos attentes …
Ce metal-prog band Suédois risque de faire parler de lui dans les années a venir . ... et c'est completement justifié !
MILLES BRAVO À "MIOSIS" POUR CE PREMIER COUP DE MAITRE !!
05. The Spirit Chooses The Place... The Place Choose
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Review by Metalkiller
Je n'ai pas pour habitude de faire la chronique d'un EP ou d'un Mini CD, sauf quand il s'agit d'une œuvre exceptionnelle comme par exemple l'excellent "Blue Paranoïa" en 2007 sorti vainqueur du fameux Tremplin nouveaux talents (TNT) avec le très bon single "Call my Lord".
Mais Aujourd'hui je voudrai attirer tout particulièrement votre attention sur un groupe Parisien de fusion métal, "We Are Jupiter", recommandé par le boss de "Progressive-Area" et qui vient de sortir son deuxième Mini CD après un premier essai en 2007, "You Are Here" que malheureusement je ne connais pas, mais qui fût salué comme il se doit par la presse specialisée à l'époque de sa sortie. Il m'est donc impossible d'évaluer les progrés effectués par le trio, par rapport à ce premier mini album, mais si je me réfère aux critiques encourageantes que j'ai pu lire sur le web, "We Are Jupiter" avait déjà impressionné tout son monde, faisant preuve déjà d'une belle maturité et d'un gros potentiel . À noter que le groupe s'appelait simplement "Jupiter" à cette période.
C'est donc avec une certaine excitation et une belle émotion que je découvre W.A.J. mais je peux vous assurer que la surprise est de taille et je viens de prendre une claque magistrale à l'écoute de leur nouvel album éponyme .
Tout d'abord le niveau technique des trois compères est excellent. guitariste brillant, batteur inspiré accompagné d'un bassiste efficace qui en plus exécute les lignes de chant avec talent et sensibilité. Si le contenu de cet album s'apparente d'emblée à la famille metal/prog, on s'aperçoit rapidement qu'il serait réducteur de considérer cette œuvre comme tel, car cet album est très varié et les 5 titres de cet opus constituent un savant mélange des genres qui va du métal à la fusion jazz-rock en passant par le progressive rock.
Ces musiciens sont bourrés de bonnes idées et savent mettre en valeur leur étonnant potentiel ... On pense immédiatement à l 'excellent "Cynic" lors des premières écoutes, principalement par le côté fusionnel de leur musique. La diversité, l'originalité des compos d'une richesse extrême, vous entraine dans un dédale de notes ou les idées foisonnent à en perdre son latin, sans que le groupe ne s'écarte un seul instant du chemin musical qu'il a tracé ... C'est d'une efficacité redoutable et d'une fluidité étonnante .. La musique de WAJ se déguste comme un met chaud et froid ou sucré-salé ou une multitude de sensations explosent au même instant à vos oreilles procurant une jouissance extrême. Les passages musclés alternant avec les atmosphères plus voluptueuses et délicates ... Tantôt métal, tantôt groovy, parfois jazzy, souvent progressive mais toujours imaginative, les parisiens construisent leur œuvre passionnante et captivante comme l'araignée tisse sa toile afin de vous capturer dans son piège fatal, sans que vous puissiez vous échapper ...
Voilà donc l'œuvre d'un groupe qui a quelque chose a dire et qui mérite plus qu'une simple attention .. Ce deuxième mini opus du trio parisien est une petite merveille , une perle rare que vous devez acquérir de toute urgence .. 35 mn de bonheur Garanti .... en souhaitant de tout cœur que la prochaine fois c'est à un album complet auquel on aura droit.
Night - 2007 (Pour lire la chronique de Night cliquez sur le cover)
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Tick Tock - 2008
Tracklist:
(Tick Tock)
01 - Desert Flight - 7:40
02 - The Walk (Part 1) - 8:03
03 - The Walk ( Part 2) - 5:39
04 - Tick Tock (Part 1) - 7:17
05 - Tick Tock (Part 2) - 9:40
06 - Tick Tock (Part 3) - 5:31
07 - Winter is Never - 4:55
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Review by Metalkiller
Cette fois c'est sûr ... "Gazpacho" l'a enfin pondu son chef-d’œuvre ! Ca couvait depuis le somptueux "Night"(Lire la chronique sur le blog) paru en 2007, album qui avait définitivement installé nos norvégiens romantiques au firmament des plus grands espoirs du progressive rock … "Night" , un somptueux Concept album entre rêve et réalité, d’une beauté prodigieuse, que tous les aficionados de "Marillion" n’ont pas pu rater .. Pourquoi Marillion ? tout simplement parce que la bande à "Hogarth", a carrément craqué sur ces norvégiens, juste avant l’enregistrement de "Firebird" il me semble ? Ayant décidé d’en faire leurs protégés . Pas difficile vous me direz, vu l’orientation musicale prise par le groupe, car si "Gazpacho" ne plagie nullement son mentor, il n’y a aucun doute possible sur le fait que la musique des deux groupes a une filiation certaine… Et que dire du chant de "J.H. Ohme", ce chanteur à la voix d’or a un timbre pratiquement identique à "Steve Hogarth", que l’on pourrait s’y méprendre .
Tout comme pour "Night" , "Gazpacho" a composé une nouvelle fois un album conceptuel, qui relate l’accident "d’Antoine de Saint Exupéry" et de son mécanicien dans le désert Saharien. 4 titres majeurs, découpés en 7 parties composent ce concept éblouissant, et la première pensée qui me vient à l’esprit en dégustant "Tick Tock", c’est tout simplement : "fascination". Car cet album est vraiment fascinant de bout en bout, vous tenant en haleine jusqu'à la dernière note … Œuvre bouleversante d’une sensibilité et d’un romantisme éclatant aux ambiances, sombres et mélancoliques où le groupe alterne atmosphères angoissantes et planantes, merveilleusement maitrisées, avec un talent indéniable pour créer des mélodies magiques et hypnotiques qui vous déchirent les entrailles et vous mettent dans un état de dépendance absolu à la musique de ces "musiciens/magiciens", le tout encore accentué par la voix pure comme du cristal, envoutante et ensorcelante de "Jan Henrik Ohme". C’est carrément mystique…
Cet l’album se savoure entièrement jusqu'à la note finale, difficile d’interrompre une telle œuvre, c’est parfait de bout en bout . On est étonné de se retrouver à la fin de l'album tellement on ne s'y ennuie pas un seul instant … la seule chose à faire dans ce cas et de le réécouter jusqu'à épuisement, en se laissant emporter encore et encore par cette musique majestueuse et profondément touchante, aspiré par un tourbillon de sensations intenses et indescriptibles que seules la musique et l’amour peuvent vous procurer …
Il m’est impossible de faire ressortir un titre plutôt qu’un autre tellement ce diamant noir forme un tout indestructible.. Mais je voudrais quand même vous parler des deux premières pièces de "Tick Tock". Tout d’abord "Désert Fligh" le titre qui ouvre l’album, le seul qui dénote un peu avec le reste de l’œuvre .. enfin je veux dire que l’approche en est différente, plus rock, plus puissant, surtout dans sa première partie chantée, c’est simple, on pense immédiatement à une chanson de de l'excellent "Muse", ce qui soit dit en passant n’est pas un reproche de ma part, bien au contraire car cela prouve que "Gazpacho" sait se montrer également énergique tout en gardant cet irrésistible élan emprunt de romantisme qui caractérise la musique exceptionnelle de nos amis Norvégiens. Absolument génial ! Quand à mon deuxième choix, "The Walk part.1" je ne vous le cache pas, c’est mon coup de cœur, le genre de chanson qui vous terrasse immédiatement , cette longue mélodie plaintive et ensorcelante insuffle une puissance émotionnelle exacerbée, et vous plonge dans un état que je qualifierais de dépressif . On retient ces larmes tellement c’est beau, sensible, émouvant, ça vous prend aux tripes, vous serrant la gorge, vous tétanisant complètement, car il est impossible de ne pas succomber au pouvoir d’un tel océan d’émotions, c’est dans ces moments là que le chant de "J. H. Ohme" en devient poignant … une chanson absolument merveilleuse que tout les hyper sensibles vont adorer ..
Quand au reste de l’album, et bien pas d’inquiétude car on touche au sublime !! et je peux vous assurer qu’il vous sera très difficile de ressortir indemne de l’écoute d’un tel chef-d’œuvre.
Vous savaient donc se qu’il vous reste à faire ? acheter d’urgence "Tick Tock", la nouvelle merveille de "Gazpacho", qui devrait consacrer définitivement ce groupe merveilleux ..
"Gazpacho" est actuellement en tournée mondiale et d’après l’avis d’un ami (le bossde l'excellent site "Progressive-Area") grand passionné de musique progressive qui a eu l’immense bonheur de les rencontrer à Paris et bien il me confirme que la magie opère encore plus intensément en live ..
AVEC TICK TOCK, GAZPACHO VIENT DE METTRE UNE FOIS POUR TOUTE LES CARILLONS A L’HEURE …
Christer Andre Cederberg (guitares, basse, chant, claviers)
Session musicians:
Stein Roger Sordal (Green Carnation - guitare) Jan Kenneth Transeth (chant) Catherine Bø (chant) Kenneth Kapstad (batterie) Ole Jörgen (saxophone) Bernt Moen Bjarne Severintsen Bjørn Sæther Daniel Hovik Elisabeth Cederberg Nora Taksdal Ole André Ljosland, Sigve Nordstoga Tommy Jackson
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Cover
S.02 ( 2008 )
Tracklist
S. 02 (42' 22")
1.L tune
2.Meanwhile
3.Reconnect
4.Reconnect outro
5.Disquietud
6.S.o2
7.Instrumental
Review by Metalkiller
Le nom de "Christer André Cederberg" , ne vous dit certainement pas grand chose …. Mais ceux, qui tout comme moi, ont l’habitude de voyager régulièrement ou occasionnellement vers les contrées obscures des musiques dites extrêmes, auront sans aucun doute identifié l’ex guitariste de "In The Wood". Groupe Norvégien de black /death métal atmosphéric et avant-gardiste qui splitta en 2000 après la sortie de leur dernier très bon album studio, "Three Times Seven on a Pilgrimage" , constitué de reprises de "Pink Floyd", "Jefferson Airplane" et "King Crimson", ainsi que de morceaux nouveaux, d’anciens singles et reprises de leurs propres créations …
Après un concert d 'adieux dans leur ville d’origine "Kristiansand", certains membres de "In The Woods" ont continué l’aventure, mais sous le nom de leur ancien groupe "Green Carnation", se tournant cette fois , définitivement vers le métal atmosphéric . "Green Carnation" a fait sensation en 2006 avec la sortie "d’Acoustic Verse", album constitué de chansons de leur répertoire en version acoustique … un véritable must qui ne laissa pas indifférent les aficionados des musiques dites progressives ..
"C. A. Cederberg", quant à lui eut lui la riche idée de se consacrer à un projet solo sous le patronyme de "Stille Opprör", un projet ambitieux, où le rock atmospheric en est la principale source d’inspiration, et quelle inspiration ! son 2ème album S. 02 , ( après "Prosjekt 2 13" sorti en 2001 dans l’anonymat ) est à classer sans complexe au Panthéon du rock atmosphéric, au même titre que l’œuvre "d’Anathema", "d’Antimater" ou "d’Opeth" …. Rien que ca !
Si ce projet est principalement l’œuvre du seul "C. A. Cederberg", le musicien n’a pas hésité à laisser une totale liberté au niveau du son et de l’impro, aux 18 invités présents sur cet album, comme par exemple "Jan Transeth" chanteur de "In The Woods" ou "Stein Roger Sordal" le guitariste de "Green Carnation". Une manière originale d’insuffler du dynamisme et de la fraîcheur à cette œuvre personnelle, cette initiative audacieuse et est à saluer … car cet album est une totale réussite ..
Comment vous parler d’un tel joyau sans que mon enthousiasme légendaire ne transforme une fois de plus ma chronique en Storytelling à la gloire de cet album ?? C'est dur de se contenir avec une telle pépite ..
Tout d’abord, il faut saluer le magistral travail d’écriture de "C.A. Cederberg", c’est de l’émotion à l’état pur sur chaque titre. Cette musique singulière n’est que douceur, tendresse et beauté à la tonalité sombre comme une nuit d’automne. Mais c’est un sentiment de pureté qui se dégage de cette œuvre dépouillée et limpide, où singularité et simplicité renforcent encore ce sentiment d’apaisement que procure l’écoute de chacune de ces 7 perles noires qui ensemble constituent une parure éblouissante et unique. Car même si aucune de ces 7 compos ne se ressemblent, elle se relayent avec beaucoup de subtilité pour composer un ensemble enfin de compte d’une grande cohérence …
Le chant de "Jan Transeth" est mélancolique et bouleversant, il vous prend aux trippes et touche directement votre cœur, c’est limpide et fragile à la fois, mais quand cette voix masculine simple et touchante rencontre la voix gracieuse et pure, pleine de sensualité de Catherine, l’instant devient envoutant et poétique, c’est de la pure magie, j’en ai des frissons !Ce chant envoutant couplé avec le son des guitares aériennes et mélancoliques est un véritable régal, un pur moment de bonheur qui ne pourra vous laisser insensible.
Cette œuvre magistrale est construite un peu dans le même esprit que la fabuleuse "Damnation" "d’Opeth", où l’approche musicale et les ambiances intimistes et dépressives y sont proches …
Si la musique est le moyen ultime d’exprimer ces émotions et bien il ne fait aucun doute que "Stille Opprör" y est parvenu. Plus vous écoutez cet album, plus vous devenez dépendant, accro, complètement envouté. On n’a aucune envie que cette jouissance auditive s’arrête.
De tels albums sont rares car ils procurent un plaisir total en perpétuel renouvellement.
Le seul petit bémol concernant cette œuvre est sa trop courte durée de 42 mn, car le plaisir prit à l’écoute de ce superbe album est tellement immense que l’on voudrait qu’il ne s’arrête jamais …
"Christer André Cederberg" est un musicien et un compositeur de talent et avec cette œuvre il vient de nous prouver qu’il n’a rien à envier aux frères Cavanaugh ou à Mikaël Akerfeld, car son œuvre est pratiquement du niveau des compos d’Opeth et d’Anathema pour notre plus grand plaisir …
"Stille Opprör" vient de nous façonner un pur miracle musical, hypnotique et planant empreint de candeur et de sensibilité … Un chagrin éternel dans un écrin de mélancolie fascinante …
DOL THEETA est le second projet du compositeur grec Thanasis Lightbridge. Il est connu pour être la tête pensante du groupe DOL AMMAD, composé de musiciens issus de la scène métal et d’une quinzaine de choristes (sans chanteur principal).Le groupe a sorti en 2006 un album intitulé « Ocean dynamics » offrant une expérience heavy et symphonique teintée eighties rappelant par moment la musique de THERION.
Avec DOL THEETA, Thanasis Lightbridge pousse plus loin l’expérimentation d’un style musical qu’il a lui-même nommé Electronica Art Metal. Exit les quinze choristes de DOL AMMAD, il ne garde au chant que la soprano Kortessa et un guitariste. Il se charge lui-même de tout le reste.
Cet album propose une immersion totale dans un univers musical novateur.
Dès l’introduction, une voix toute droit sortie du générique d’un épisode de la quatrième dimension nous annonce la couleur : « …vous allez entrer dans une zone d’expérience psychédélique, l’expérience Dol Theeta… ». Les premières minutes de « Silver Air » donnent le ton. Que ceux qui craignent un voyage élitiste et sans saveur peuvent être rassurés. C’est bien de métal dont il est question.
On pourrait basiquement ranger cet album au rayon métal symphonique. Mais DOL THEETA ne se limite pas à accoucher d’un énième ersatz de NIGHTWISH ou de WITHIN TEMPTATION. Malgré l’utilisation d’éléments propres à la musique classique, DOL THEETA ne propose pas un album pompeux ou prétentieux. Il n’est pas question ici d’impressionner l’auditeur par des démonstrations stériles. Là où certains groupes à tendance symphonique peinent à maintenir l’auditeur scotché à ses enceintes à cause d’un manque d’originalité et de finesse dans les compositions, DOL THEETA va au fond de chacune de ses idées. Quelles soient atmosphériques ou progressives, les chansons de cet album renouvellent un genre qui à tendance à tourner en rond. Les rythmiques heavy metal d’une guitare puissante mais maitrisée se fondent avec des sonorités électroniques surprenantes. Le claviériste Thanasis Lightbridge va clairement chercher ses influences dans la musique synthétique des années 80. On pourra citer VANGELIS (grec lui aussi), Jean michel JARRE et Jan HAMMER. Loin de piller l’œuvre de ses illustres homologues, il triture ses claviers et crée un univers sonore étonnant et complexe.
La voix de la chanteuse soprano Kortessa est impressionnante et assume le côté symphonique de la musique. Elle module à l’infini et s’enroule autour des envolées d’une guitare tranchante mais toujours classieuse. Une des meilleures chansons de cet album, « afterlife crescendo », se construit comme une pièce musicale progressive de plus de 9 minutes. Elle nous fait plonger dans des méandres infernaux grâce à Kortessa qui transforme sa voix de façon inquiétante, comme une gorgone envoûtante. L’auditeur est libéré par un sublime et puissant final lyrique renforcé par un solo de guitare salvateur emportant tout sur son passage. On notera aussi l’influence de la musique electro japonaise utilisée pour illustration des jeux vidéo. Le meilleur exemple en est la chanson « every goodbye ». Chaque morceau possède sa propre identité et dévoile une palette d’émotions à plusieurs niveaux. DOL THEETA réussit à construire des chansons qui développent une dynamique complexe mais captivante. On est entrainé dans un maelstrom mélodique inédit. L’album se termine par la chanson titre « the universe expands » et achève en beauté ce voyage sonique hors du commun. On est d’abord hypnotisé par la rythmique synthétique et le chant qui prend des airs new age. Cet élan électronique est finalement emporté par une vague métallique rageuse. Troublant.
Mention spéciale à tous les protagonistes de ce disque : la guitare est omniprésente et tous les soli sont sublimes, la batterie est impressionnante d’efficacité et le chant est magistral.
On notera aussi la magnifique illustration de la pochette. Qualité à tous les niveaux.
Tentez l’expérience DOL THEETA. Comme l’indique le titre de l’album “the universe expands”, pénétrez un univers en pleine expansion. Toutes proportions gardées à la sphère métal, ce disque est construit comme une Pierre de Rosette. Le texte commun est écrit en plusieurs langues musicales et pour peu qu’on accepte de le déchiffrer, il est compréhensible de tous et donne finalement accès à des niveaux mélodiques rarement atteints.
Kalle Wallner: guitar Paul Wrightson: vocals John Jowitt: bass Yogi Lang: keyboards Manuel Ammon: guitar Korbinian Reiter: guitar Tommy Eberhardt: drums Erwin Rieder: drums Michael Schwager: drums
DISCOGRAPHIE
Mirror - 2007
Pour lire le review de "Mirror"cliquez sur la pochette
Line-up (Mirror studio)
Kalle Wallner: guitars John Jowitt: bass John Mitchell: vocals Paul Wrightson: vocals Tommy Eberhardt: drums Yogi Lang: keyboards Clive Nolan: backing vocals Stefan Obermaier: sound-design
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Numb - 2009
Tracklist (Numb)
01- Lost 6:09
02- Guilt 6:15
03- Numb 6:09
04- Leave 6:52
05- Death 9:38
06- Change7:19
07- Seek 5:40
08- Risk 3:52
09- Torn 4:45
10- Vow 7:01
11- Change Reprise 5:05
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Chronique by Metalkiller
Voilà donc le très attendu deuxième album de "Blind Ego" projet solo du Sieur "Kalle Wallner" l'excellent frontman du non moins excellent "R.P.W.L." que tous les fans de progressive rock (tendance Pink Floyd) connaissent bien .... Si le premier exercice Mirror paru en 2007 avait agréablement surpris tout son monde et avait été unanimement salué par la presse spécialisée ainsi que par mes soins, ayant chroniqué ce très bel album sur le blog à l’époque de sa sortie … Personne n’aurait pensé que "Kalle Wallner" (efficacement accompagné par une pléiade d’invités prestigieux) aurait donné suite à ce projet ambitieux qu’est "Blind Ego", vu le travail à fournir avec son groupe phare "R.P.W.L." Mais certainement encouragé par les ventes de "Mirro"r et par les éloges venus de toutes part, et bien K. W. remet le couvert et vient d’accoucher d’un deuxième opus que je qualifierai tout simplement d’exceptionnel ! Si "Mirror" fut une révélation, dû essentiellement au remarquable travail produit en studio, ainsi qu’à la beauté et à la qualité des compos toutes très colorées et d’une grande diversité, mais qui s’apprivoisent malgré tout assez facilement, avec en prime quelques perles haut de gamme comme le très émouvant "Black Despair" ou le remuant et tubesque "Break you" .. Et bien on peut dire que "Numb" est une éblouissante confirmation dont je suis convaincu qu’elle marquera les esprits en cette année de crise 2009 …Si vous avez aimé "Mirror" et bien vous allez adorer "Numb".
Avec un line-up un tant soit peu modifié et quelques guest haut de gamme comme par exemple Monsieur "Iggor Cavalera" le mythique drummer de "Sepultura" venu en renfort du batteur de Dreamscape "Michael Schwager".. Ca c’est carrément ÉNORME! un des Frères "Cavalera" sur un album de prog ??? oh ! là,là, je pense que tous les thrasheurs brésiliens vont en avaler leur casquette !!! Mais pas d’inquiétude ,"Iggor" nous prouve qu’il n’est pas seulement le bourrin de service que l’on connait, mais également un excellent batteur d’une grande finesse … la preuve sur cet album ! "Numb" est bien plus complexe et abouti que son prédécesseur, on sent nettement que K.W. a travaillé son sujet et s’il reprend les principales recettes de "Mirror", je trouve cet album plus abouti . Si l’esprit de .R.P.W.L. est toujours bien présent, il ne fait aucun doute que "Walnner" a minutieusement écouté la discographie de "Porcupine Tree", car cet album est un savoureux mixte de se qui se fait de mieux chez R.P.W.L et sur les meilleurs albums de la bande à Wilson .. Écoutez par exemple le magnifique "Death" une véritable tuerie avec un somptueux final en prime.. On se croirait carrément sur un album de Porcupine… Quelle musique! un véritable délice, surtout si on est fan des 2 groupes. Malgré la parenté évidente avec ces 2 prestigieux prog-band, je pense également que "Kalle" n’est pas insensible aux performances d’une pointure du métal-prog comme "Drean Theater", car cet album est loin d’être de tout repos et les performances des musiciens sur certains titres ou certains passages musclés de l’album sont plus à mettre dans la catégorie métal-prog que progressive rock … Et je vous assure que par moment çà envoie sévère. Ecoutez par exemple l’instrumental "Torn", 5 mn de pur prog-métal, d’une efficacité redoutable et d’une technicité digne d’une production de DT ….Il est clair que le renfort d’un fou furieux comme notre bon "Iggor" y est pour quelque chose .. car je vous assure que par moment on a le sentiment que si on ne le retient pas , il peut péter un plomb et tout défoncer.. double pédale à fond de cale, se laissant emporter par sa sauvagerie naturelle. Chassez le naturel il revient au galop…
Assurement, "Kalle Walnner" est un compositeur hors pair, qui a le don d’écrire des titres classieux et d’un grand intérêt musical. Mais sa prestation en temps que guitariste est également d’un niveau très élevé, il nous affuble de quelques solis assez époustouflants digne des plus grands guitar-heros de la planète … Mais Kalle sait également se montrer mélodieux quand il le faut à l’image de se que fait "Steven Wilson" avec sa guitare …Avec le très porcupinien "Death", "Change" du haut de ces 7’19’’, est incontestablement le titre phare de cette galette … Opus à tiroir ou passages épic et mélodic s’entrecroisent avec des grands moment de haute tension électriques … Un petit bijou digne des titres les plus épic de "Porcupine Tree" … Assurément le sommet de cet opus !!
Et que dire de cette voix sublime ? celle du merveilleux "Paul Wrightson" le charismatique chanteur "d’Arena" à la voix d’or qui transcende littéralement cet album. Ce chanteur a une voix d’ange .. enfin! si les anges ont une voix ? c’est comme cela que je le ressens … Voilà donc, "Kalle Wallner" nous offre là, un véritable chef-d’œuvre d’une beauté éclatante à acheter d’urgence a partir du 3 avril et si vous aviez encore quelques doute sur la capacité et les intentions de ce musicien, il est temps de chasser tout vos doutes infondés, car ce nouvel album de "Blind Ego" va consacrer définitivement un musicien de grand talent et placer définitivement "Blind Ego" comme l’un des groupes les plus importants de la scène progressive contemporaine … Tout près du monstre sacré … "Porcupine Tree" ! vivement une tournée en France !!
En un mot, "Numb" c’est : SUPERCALIFRAGILISTICEXPIALIDOCIOUS ! … comme dirait "Mary Poppins" !